Rony Brauman: « La politique Israélienne ne s’inscrit que dans un rapport de force »

La parole à Ronny Brauman, fondateur de Médecins sans Frontières et auteur de « Humanitaire, diplomatie et droits de l’homme » (Edition du Cygne).

 

Rony Brauman

Rony Brauman

Photo : David Monniaux

Que vous inspire le raid israélien contre ce convoi humanitaire ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’usage de la force a été disproportionné, même s’il y avait quelques couteaux et objets contendant, apparemment portés par des passagers de ce convoi. L’envoi d’un commando héliporté dans les eaux internationales à quelque chose de révoltant, et confirme l’impression que l’on a qu’Israël ne sait plus parler un autre langage que celui de la force.

Craignez-vous des incidences sur le plan diplomatique à la suite de cette attaque ?
J’espère qu’il y aura des répercussions sur le plan international. L’isolement d’Israël vient de se confirmer un peu plus avec la perte de son allié historique qu’était la Turquie. Je note que cette attaque intervient peu après l’entrée de l’Etat Hébreu dans l’OCDE, une nouvelle qui avait été accueillie comme gage de démocratie par les observateurs internationaux.
J’espère cependant qu’Israël sera fermement rappelé à l’ordre. La politique Israélienne ne s’inscrit malheureusement que dans un rapport de force. Il ne faut pas oublier que le ministre des affaires étrangères, Avigor Lieberman, est l’homme qui a appelé au bombardement nucléaire de Gaza, et a l’attaque de l’Iran. Cela suit une ligne politique qui a cours depuis de nombreuses années en Israël, à l’exception de celle prônée par Rabin, qui fut sans doute la seule embellie de ces quarante dernières années.

Les Etats-Unis ont toujours été un partenaire privilégié d’Israël. Que peut faire Obama ?
J’ai envie de croire qu’Obama va forcer Israël à sortir de cette logique de conflit. Je dis que j’ai envie d’y croire car dans la pratique, le discours américain d’aujourd’hui se situe dans la lignée des précédentes administrations : soit un soutien militaire et stratégique qui ne s’est jamais démenti.
Or, je pense que c’est précisément ce soutien américain qui maintient Israël dans cet état d’ébriété permanente de victoire et de domination militaire. Va-t-on assister à un retournement de situation ? J’en doute autant que je l’espère. Pourtant Barack Obama a prononcé des mots forts. Il est sans doute plus réceptif aux arguments palestiniens.

Et la France ?
Pendant toute la première partie de sa prise de fonction au Quai d’Orsay, Bernard Kouchner a été salué comme un « grand ami d’Israël », qui comprenait les préoccupations de l’Etat Hébreu. Au moment de l’offensive de Gaza, on ne peut pas dire que la France se soit particulièrement distinguée pour son combat pour la liberté des populations palestiniennes. Aujourd’hui, Sarkozy et Kouchner ont tous deux condamné le raid Israélien, il se peut donc que l’on assiste a une inflexion de la politique française. Il faut que cela se confirme dans le temps.


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